Pourquoi “BOTCH” Cargo Bikes ? (spoiler rien à voir avec BOSCH)

Depuis début janvier 2025, l’entreprise allemande Robert BOSCH requiert la disparition totale de la marque “Botch Cargo Bikes” dans son ensemble : retrait de la marque déposée à l’INPI, cessation de toute communication avec ce nom, modification de la raison sociale.

En cause : la ressemblance orthographique entre “Botch Cargo Bikes” et “Bosch” qui serait de “nature à causer un préjudice” au géant allemand et constituerait une “contrefaçon des droits de marque” de BOSCH, qui jouit d’une “réputation certaine en France et à travers le monde”.

Incompréhensible, absurde, révoltant, injustifié… ou pas ?.. A vous de juger.

Pourquoi maintenant ?

Le projet Botch Cargo Bikes est certes né en octobre 2O2O mais la marque n’a été déposée qu’en novembre 2024 auprès de l’INPI.

Le besoin ne s’était jamais fait ressentir avant cela et on se dit qu’il y a toujours “plus important”. Une erreur ? Les avis divergent. Le nôtre au final aussi.

Ce dépôt de marque ouvre une période d’opposition.

Ce qu’a fait BOSCH via un cabinet d’avocat français. L’opposition a été déposée le 6 février. Le compte à rebours afin d’apporter une justification à notre nom a, lui, débuté le 7 mars 2025. Nous avons deux mois pour nous défendre, au terme desquels l’INPI tranchera.

Pourquoi “Botch” ?

“Botch” est une expression toulousaine très courante. Elle signifie “fou” (“T’es botch ou quoi ?”) et est dérivée des formes occitane et catalane baug (“baoutch”) et boig (“botch”).

Quand j’ai fondé le projet, il a toujours été question de promouvoir le “fait localement” et il n’y a pas de mot plus toulousain que “botch” à mes yeux.

Il a été présent au collège, au lycée, auprès d’amis, de moins amis, je l’ai exporté à Moscou, je l’ai retrouvé 15 ans plus tard à Toulouse, c’est un des premiers mots que ma femme russe a appris…

L’expression a également toujours fait l’unanimité dans l’équipe : Jean la connait bien et a déjà avoué que cela l’avait motivé, lui, qui a grandi avec un père parlant occitan, alors qu’Alexis porte le surnom de “botch” depuis l’école d’ingénieurs pour la simple raison qu’il est originaire de Toulouse.

Dans son tout récent ouvrage A Toulouse, ça se dit comme ça !, Pierre Escudé, auteur et professeur en didactique des langues spécialisé en occitan, met d’ailleurs en avant le mot “Botch” en nous faisant un clin d’oeil.

Quant à nous, nous aimons dire que “nous nous appelons Botch Cargo Bikes car il faut être fou pour vouloir fabriquer des vélos cargos localement en France”.

Ou nous aimions dire ?..

Quelle est la suite ?

Une discussion à l’amiable a été initiée avec le cabinet d’avocat mandaté par BOSCH pour trouver une sortie de crise. Nous avons d’ores et déjà indiqué que nous étions prêts à faire des concessions sur la propriété, à préciser notre nom, à apporter des clarifications sur le site afin de lever tout doute auprès des consommateurs.

Car un changement d’identité, de nom, réalisé, dans un laps de temps aussi court (BOSCH demandait maintenant, puis dans 1 mois…) peut avoir des conséquences très lourdes pour nous en termes de coûts comme de visibilité. Et après une année aussi difficile que 2024 pour le monde du vélo en France, ce n’est vraiment pas le moment. Vraiment pas.

L’INPI doit de son côté trancher début mai (maximum). Mais ne nous attendons pas à des miracles. La notoriété de BOSCH devrait prévaloir sur tout.

“Botch Cargo Bikes” va-t-elle survivre ?

Affaire à suivre, donc.

Revue de presse

Concurrence : “Bosch” demande à l’entreprise locale toulousaine “Botch” de changer de nom (FR2, TV) : l’article

Petit nom, gros ennuis : Bosch veut débaptiser Botch (Touleco) : l’article

Toulouse : L’entreprise de vélos-cargos Botch sommée de changer de nom par le géant Bosch (20 Minutes) : l’article

La marque allemande Bosch exige que Botch, un fabricant toulousain de vélos-cargos, change de nom (Le Parisien) : l’article

Le géant allemand Bosch demande à Botch, un fabricant toulousain de vélos-cargos, de changer de nom (France Bleu) : l’article

Quand Botch rime trop avec Bosch : le petit fabricant occitan de vélos cargos dans le viseur du géant allemand (FR3) : l’article

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